Album Pop
par David Clavien
![]() | Andrew Bird |
| "Noble Beast" | |
| Bella Union, 2009 | |
L’oiseau Andrew a toujours de la peine à prendre son envol à la première échappée, mais une fois ses ailes déployées, il faut aller le chercher. Tendez un peu l’oreille et laissez mariner doucement les morceaux de Noble Beast. Ils prendront alors toute leur dimension. Moins chargé que son prédécesseur Armchair Apocrypha, Noble Beast se rapproche de ses premiers pas en solo - à noter pour les inconditionnels l’édition limitée de l'album comprenant un CD bonus d’instrumentaux avec un joli scarabée ornant la pochette. Certains regretteront le côté plus classique et d’autres seront happés par le charme naturel de ces mélodies boisées. Mis à part certaines oiselets qui tirent en longueur (Souverian), les sifflements éparses, le toucher pizzicato au violon et la guitare baladeuse nous installe, sur la plupart des morceaux, dans un univers élégant et recueilli: que ce soit sur Not a Robot, But a Ghost, zébré de sonorités électro et de percussions crépitantes, Effigy aux airs à la fois celtiques et dylaniens ou Masterswarm porté par des claquements de main, Andrew Bird sait émerveiller sur n’importe quel mid-tempo. Les plus enjoués Fitz & Dizzyspells ou Nomenclature, où plane l’ombre de Thom Yorke, et The Privateers maintiennent Andrew Bird haut perché. Un album qui s’impose naturellement au fil des écoutes de Oh No à On Ho. Permutez plusieurs fois l'oiseau de branche: c’est là que la magie opère.
