Le vicaire est ému, lorsqu’il monte sur la petite scène de bois, humble et anonyme, installée dans le transept, scène que vont investir dans quelques instants une demi-douzaine de musiciens pop-rock. Il n’a certainement pas l’habitude de se trouver là à cette heure, qui rappelle plutôt celle d’une messe de minuit, devant un public de 500 indie kids, qui le changent assurément de ses ouailles habituelles. Ravi pourtant, en sa crèche improvisée, il annonce que la soirée est déjà pour lui un petit événement: c’est seulement la seconde fois dans l’histoire de ce vénérable édifice que s’y produit un groupe de musique non classique. Emotion. L’histoire ne dira pas qui étaient les précédents, quelles furent les stars qui ont préféré tourner le dos à cette mythique scène mancunienne et à son Hacienda pour venir jouer dans
une église. On peut rêver: Black Sabbath? Judas Priest? Gwar?

