La dernière fois qu'on avait vu Daniel Johnston, c'était en 1998, à la Knitting Factory, à New York. Le chanteur n'avait pu interpréter que deux morceaux car il venait de perdre son cahier de paroles quelques heures auparavant dans un restaurant de la ville et ne connaissait pas ses textes par cœur. Concert donc avorté auquel il fallait donner suite un jour ou l'autre. Sa venue au Fri-son de Fribourg était donc à ne pas manquer. Mais s'il n'était accompagné que d'un seul musicien sur scène à NY, et pas des moindres – Joseph Arthur à la guitare – , c'est entouré d'une dizaine d'artistes, réunis sous le nom de The Beam Orchestra, que Johnston est monté sur scène à Fribourg.
Bal musette Le concert débute par une intro musicale, sorte de méli-mélo orchestral assez
inaudible, où chacun des membres fait sonner son instrument – guitare, clavier, batterie, trompette et trombonne, violon.

Le résultat sonne plus comme un band de bal musette ou de fanfare belge que comme un groupe de rock, et laisse présager le pire. A l'issue de cette longue introduction, l'auteur-compositeur-interprète apparaît enfin sur scène, non pas tel la rock star triomphante et sûre d'elle, mais plutôt mal à
