Rock et science-fiction ont de tous temps entretenu des liens très proches, presque fusionnels. Les premiers rapprochements ont lieu alors que les deux genres en sont à leurs balbutiements: dans les années 50, le rock commence à s'imposer auprès des adolescents du baby boom, alors que la conquête de l'espace bat son plein, avec le lancement du premier spoutnik en 1957. Les associer paraît alors tout à fait naturel: ne symbolisent–ils pas tout deux cet avenir radieux – fait de progrès scientifiques, de loisirs et de bien-être matériel – auquel aspire la génération d'après-guerre?
Cette imagerie cosmique ne quittera plus l'univers du rock, multipliant les apparitions dans le psyché, le prog-rock, le kraut rock, l'indus ou se façonnant ses propres sous-genres,
comme la space age pop. Elle s'exprimera à la fois sur le plan visuel(pochettes de disques, affiches, clips), instrumental (thérémin, Ondes Martenot, synthétiseur Moog, vocoder) ou thématique (paroles renvoyant à une vision futuriste de la société). Les autres genres ne sont pas épargnés: que l'on songe à l'afrofuturisme, au cosmic jazz, à la space disco, à l'ambient de Brian Eno ou à la techno de Detroit.
