Sonotone

Violens

True

Slumberland Records

Rock

01 - 07 - 12


par Gaspard Turin

Etonnants, ces Américains de Violens. Non contents d’avoir sorti un premier album souverainement excellent en 2010 (Amoral, chroniqué en son temps dans nos colonnes), non contents d’avoir, entre celui-ci et aujourd’hui, proposé dans leur newsletter un nouveau titre pratiquement tous les mois à leurs abonnés (collection dont on se réjouissait qu’elle constitue un second album excellent), voilà que sort l’album en question avec douze chansons presque toutes inédites. Et cet album dépasserait presque le premier – s’il était question d’établir un palmarès, ce que déconseille l’élégance, face à un groupe qui n'en est pas avare. Pour décrire les chansons de Violens, on pourrait dire qu’elles sont – à la base – de purs tubes pop, dans la lignée de chansons comme Panic (The Smiths) ou True Faith (New Order). Mais dans le processus d’écriture et d’enregistrement, ces tubes sont si retravaillés qu’ils n’apparaissent plus comme tels, à travers les filtres de trémolos, de bruit blanc ou de réverb qui les troublent, à travers une ligne de basse très travaillée, qui souvent n’est pas là où on l’attend. La voix, comme par souci de cohérence, est à la fois spectrale, en retrait, et l’objet d’un travail d’orfèvre dans sa production – souvent triplée, quadruplée. Sinon, quelques surprises émaillent ce disque, comme l’aspect heavy-punk d’Unfolding Black Wings et All Night Low. Pour se faire une idée plus caractéristique du trio, on écoutera les brillantes So Hard To See ou When To Let Go, la plus dépouillée Sariza Spring ou l’imparable Der Microarc. Un tel chef-d’œuvre va-t-il, comme le premier, passer inaperçu dans nos régions? C’est à craindre, et ce serait vraiment dommage.

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